13 juin 2009
" ...d'une seule et même vague sur sa course,le mouvement!"
"...C'était hier.Les vents se turent.- N'est-il rien que d'humain?
"A moins qu'il ne se hâte, en perdra trace ton poème" Ô frontière, ô mutisme! aversion du dieu! Et les capsules encore du néant dans notre bouche de vivants.
Si vivre est tel, qu'on n'en médise! (le beau recours!...) Mais toi n'aille point, ô Vent, rompre ton alliance.
Sinon, c'est tel reflux au désert de l'instant!...l'insanité, soudain, du jour sur la blancheur des routes, et, grandissante vers nos pas, à la mesure d'un tel laps,
L'emphase immense de la mort comme un grand arbre jaune devant nous.
Si vivre est tel, qu'on s'en saisisse! Ah! qu'on en pousse à sa limite,
D'une seule et même traite dans le vent, d'une seule et même vague sur sa course,
le mouvement!..."
in Vents de Saint-John Perse. Ed. nrf. Poésie/Gallimard 2007
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